September 16, 2026
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Saint-Louis dans le cœur, la France dans la vie : la belle leçon de Philippe Diallo avant France-Sénégal

Par Baba Aidara , Citoyen de Ndar

A la veille des retrouvailles entre la France et le Sénégal en Coupe du monde, les regards se tournent naturellement vers les enjeux sportifs. Pourtant, derrière cette affiche prestigieuse se cache une histoire infiniment plus humaine, faite d’attachement, de souvenirs et d’une ville qui semble avoir décidé de réunir les destins : Saint-Louis du Sénégal.

Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, l’a confié avec une sincérité désarmante dans un entretien accordé à RFI : le Sénégal n’est pas un pays comme les autres pour lui.

« Mon lien avec le Sénégal est familial puisque mon père est né au Sénégal », explique-t-il, évoquant une famille encore présente entre Dakar et Saint-Louis. Une terre qu’il a découverte dès son plus jeune âge et qui a toujours occupé une place particulière dans son histoire personnelle meme loin des rives du fleuve Sénégal, le pays vivait au sein du foyer familial. Non pas à travers la langue – son père ne lui a pas transmis le wolof – mais autour des saveurs du thiéboudiène, des plats sénégalais et de cette chaleur humaine qui caractérise si bien la teranga.

Et c’est là que le football offre l’une de ces histoires dont lui seul a le secret.

Car pendant que Philippe Diallo dirigera la Fédération française, deux enfants de Saint-Louis porteront les espoirs du Sénégal sur la pelouse : Mamadou Sarr et Ismaïla Sarr, tous deux liés à cette ville chargée d’histoire où est né le père du patron du football français.

Quelle merveilleuse ironie.

D’un côté, un homme façonné par une vie française mais qui garde un regard « plein d’affection » pour la terre de ses ancêtres. De l’autre, des jeunes Sénégalais issus de cette même région qui incarnent aujourd’hui le rêve d’un peuple tout entier. L’émotion devient encore plus forte lorsque Philippe Diallo revient sur le traumatisme de 2002. Cette victoire historique du Sénégal face à la France championne du monde en titre avait provoqué des sentiments contradictoires en lui.

« Une partie de ma famille au Sénégal célébrait la victoire parce que c’était un moment incroyable dans l’histoire du football sénégalais. Dans le même temps, moi je suis Français, je vis en France, j’ai fait ma vie en France et je suis supporter de l’équipe de France », raconte-t-il.

Tout est résumé dans cette phrase.

Le football moderne est aussi celui des identités multiples, des appartenances assumées et des ponts entre les peuples. On peut aimer deux pays sans trahir l’un ou l’autre. Porter une histoire familiale tout en construisant sa vie ailleurs. Saint-Louis connaît mieux que quiconque cette réalité. Ancienne capitale, porte ouverte sur le monde, ville de métissage et d’échanges, elle a toujours appris à ses enfants qu’il est possible d’embrasser plusieurs héritages sans renoncer à soi-même. Lorsque Philippe Diallo affirme qu’il respecte le choix des binationaux qui décident de représenter le pays de leurs parents, il parle aussi, quelque part, de cette quête d’identité qui touche tant de familles africaines installées en Europe.

Et si, finalement, le plus beau symbole de ce France-Sénégal se trouvait là ?

Dans ce président français qui n’oublie pas les racines sénégalaises de son père .

Dans ces Lions de la Teranga, Mamadou Sarr et Ismaïla Sarr, qui portent avec fierté les couleurs d’un pays dont ils sont les dignes ambassadeurs.

Dans cette ville de Saint-Louis qui, sans faire de bruit, relie les histoires, les générations et les continents.

Ce jour Mardi 16 juin , il y aura forcément un vainqueur sur le terrain. Les hymnes retentiront, les supporters vibreront et l’émotion sera immense mais au-delà du score final, cette rencontre laissera une autre image : celle d’un ballon rond capable de raconter des histoires de famille, de transmission et de respect mutuel car parfois, le football ne sert pas seulement à départager deux équipes.

Il rappelle aussi que les racines ne s’effacent jamais et qu’entre la France et le Sénégal, il existe un pont invisible que ni les océans ni les frontières ne pourront briser.

Ce pont porte un nom : Saint-Louis, la ville de la teranga.

Babapodcast.com

Baba Aidara .

Citoyen de Ndar

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