Le Pastef découvre la transparence !
Ah, quelle merveilleuse découverte !
Après deux années au pouvoir, le Pastef vient de retrouver un mot qu’il semblait avoir égaré : la transparence !
Le Sénégal vient de conclure un accord technique avec le FMI. Et curieusement, cette nouvelle semble déranger certains. On aurait presque l’impression que quelques-uns espéraient secrètement que le Sénégal s’enfonce davantage, simplement pour pouvoir dire : « Vous voyez, ils ont échoué ! »
Soyons sérieux ,aujourd’hui, ceux qui ont contribué à créer le problème veulent nous expliquer comment le résoudre et surtout, ils nous parlent de transparence mais la transparence, Monsieur Sonko, ce n’est pas un slogan. C’est une lumière qui doit éclairer tout le monde, y compris votre propre camp.
Ousmane Sonko poursuivait hier ceux qui parlaient de fonds politiques. Puis il a lui-même reconnu avoir bénéficié de près de 2 milliards de francs CFA.
Très bien ,alors expliquons aux Sénégalais : d’où vient exactement cet argent ? À quoi était-il destiné ? Qui l’a autorisé ? Et pourquoi a-t-il été utilisé ailleurs ?
La question n’est pas politique , elle est simplement comptable et puisque nous sommes dans la transparence, allons jusqu’au bout.
Combien d’argent a réellement été récupéré aux Émirats arabes unis ?
Où est cet argent ?
Quels montants ? Quels bénéficiaires ? Quels comptes ?
Les Sénégalais attendent toujours des réponses.
Maintenant que dire de l’affaire AZER ?
Pendant que des Sénégalais réclamaient l’électrification de leurs villages, on leur répondait parfois par des formules méprisantes comme du “ ABASSE YAA TAAY “
Aujourd’hui, une personne citée dans ce dossier en l’occurrence l’espagnole José , refuserait de répondre à une convocation judiciaire, alors Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, vous qui revendiquez la transparence, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de votre logique ?
Si la justice convoque, on répond et si quelqu’un refuse de répondre à la justice, la représentation nationale peut-elle, elle aussi, demander des comptes ?
Voilà le vrai débat.
Parce que la transparence ne doit pas être une arme que l’on brandit contre ses adversaires et que l’on range soigneusement lorsqu’elle risque de se retourner contre soi.
Deux ans de pouvoir, deux ans de décisions, deux ans de responsabilités.
Il est temps de rendre des comptes notre pays n’a pas besoin de nouveaux slogans. Il a tout simplement besoin de chiffres, de documents, de preuves et de réponses et surtout, il faut arrêter de prendre les Sénégalais pour des spectateurs.
La transparence commence toujours par celui qui la réclame , sinon , ce n’est plus de la transparence , c’est de la communication politique.
Baba Aïdara journaliste d’Investigation

