FILE PHOTO: The International Monetary Fund (IMF) logo is seen outside the headquarters building in Washington, U.S., September 4, 2018. REUTERS/Yuri Gripas//File Photo - RC2IQL9H80M4
FMI : l’Égypte obtient un nouvel accord de 1,6 milliard de dollars, pourquoi le Sénégal attend toujours ?
Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, lundi 29 juin, un accord préliminaire avec l’Égypte en vue du décaissement de 1,6 milliard de dollars. Ce financement, qui reste soumis à l’approbation du conseil d’administration de l’institution, s’inscrit dans le cadre du programme de réformes économiques engagé par Le Caire.
Cette annonce relance inévitablement le débat au Sénégal, où les discussions avec le FMI se poursuivent sans qu’un nouveau décaissement ne soit encore annoncé.
L’Égypte poursuit son programme avec le FMI
Malgré une économie sous forte pression, une inflation élevée et un important risque d’endettement, l’Égypte continue de bénéficier de l’appui de ses partenaires financiers internationaux. Le pays est engagé dans un programme de 8 milliards de dollars conclu avec le FMI sur près de quatre ans. À cela s’ajoutent plusieurs soutiens financiers accordés par l’Union européenne et d’autres bailleurs.
Le nouvel accord de 1,6 milliard de dollars récompense, selon le FMI, une nouvelle étape dans la mise en œuvre des réformes économiques prévues.
Le Sénégal dans une situation comparable
Comme l’Égypte, le Sénégal fait face à d’importants défis budgétaires et à une dette qui fait l’objet d’une attention particulière des partenaires internationaux. Les nouvelles autorités ont également lancé un processus d’audit des finances publiques afin d’établir la situation réelle des comptes de l’État.
Pourtant, contrairement au Caire, Dakar attend toujours la reprise complète de son programme avec le FMI et le déblocage de nouveaux financements.
Pourquoi cette différence ?
La principale différence réside dans le contexte des discussions avec le Fonds.
Au Sénégal, le FMI attend davantage de visibilité sur les finances publiques après les conclusions des audits et les échanges engagés avec les autorités. L’institution souhaite notamment disposer de données jugées fiables avant de poursuivre normalement son programme de coopération.
En Égypte, malgré les difficultés économiques, le gouvernement poursuit depuis plusieurs années un programme de réformes négocié avec le FMI, ce qui permet des évaluations régulières et des décaissements progressifs lorsque les objectifs sont considérés comme atteints.
Un enjeu majeur pour Dakar
Pour le Sénégal, un accord avec le FMI représenterait bien plus qu’un simple appui financier. Il constituerait un signal de confiance susceptible de faciliter l’accès aux marchés internationaux et de rassurer les investisseurs. En attendant, les autorités sénégalaises poursuivent leurs discussions avec l’institution de Washington. L’issue de ces négociations sera déterminante pour les finances publiques du pays dans les prochains mois.
Si les deux pays font face à des contraintes économiques similaires, leurs relations avec le FMI évoluent aujourd’hui à des rythmes différents. Reste à savoir à quel moment le Sénégal pourra, à son tour, franchir cette étape et obtenir un feu vert pour de nouveaux décaissements.

