Protesters chant slogans during a protest march against undocumented migrants organised by Action SA, Operation Dudula and March and March Until We Win in Pretoria on April 28, 2026. (Photo by EMMANUEL CROSET / AFP)
Afrique du Sud : la xénophobie change de visage et devient un véritable projet politique
L’Afrique du Sud traverse une nouvelle vague de tensions contre les migrants africains. Mais cette fois, il ne s’agit plus de simples débordements populaires. Derrière les manifestations se trouvent des organisations bien structurées, disposant de moyens financiers, d’une stratégie de communication et, selon plusieurs chercheurs, de soutiens politiques. Des mouvements comme Operation Dudula ou March and March mobilisent des milliers de personnes autour d’un discours centré sur l’immigration clandestine. Pourtant, sur le terrain, les violences touchent souvent tous les étrangers, sans distinction de statut légal.
Les spécialistes soulignent également que les migrants ne sont pas responsables des difficultés économiques qui leur sont attribuées. Les accusations selon lesquelles ils « voleraient les emplois » ne sont pas étayées par les données disponibles. Beaucoup occupent des postes délaissés ou travaillent dans de petits commerces et les services. A quelques mois des élections locales, de nombreux observateurs estiment que cette rhétorique anti-migrants sert avant tout des ambitions politiques. La peur devient un puissant levier de mobilisation électorale.
L’Afrique du Sud, longtemps saluée comme le symbole de la réconciliation après l’apartheid, se retrouve aujourd’hui confrontée à un défi majeur : empêcher que la crise sociale ne se transforme en une fracture durable entre Africains. Car lorsqu’un Africain devient l’ennemi d’un autre Africain, c’est l’idéal même de l’unité du continent qui vacille.

