Géopolitique & sécurité internationale
Pacifique : quand la lutte antidrogue devient guerre
Deux personnes ont été tuées lundi 29 décembre lors d’une nouvelle frappe américaine dans l’est du Pacifique contre un navire accusé de narcotrafic. L’opération a été revendiquée par le United States Southern Command, qui affirme que le bateau empruntait des routes utilisées par les trafiquants de drogue.
Selon Washington, au moins 107 personnes ont déjà été tuées dans ce type d’opérations en mer.
Accusations sans preuves publiques
Problème majeur : les États-Unis reconnaissent agir sur la base de renseignements classifiés, sans publier de preuves détaillées.
Des ONG et des juristes dénoncent des frappes létales sans procès, assimilables à des exécutions extrajudiciaires en zone maritime internationale.
La lutte contre le narcotrafic n’est plus policière. Elle est désormais militaire.
Un schéma déjà vu ailleurs
Ce qui se joue dans le Pacifique rappelle d’autres théâtres :
Sahel : la lutte antiterroriste s’est militarisée, avec des frappes ciblées parfois hors cadre judiciaire clair.
Mer Rouge : la sécurisation des routes maritimes sert de justification à des frappes préventives et unilatérales.
Méditerranée : la lutte contre les réseaux criminels et migratoires a progressivement basculé vers une logique sécuritaire armée.
Partout, la même logique : neutraliser avant d’interpeller.
Une pente dangereuse
Le narcotrafic est un fléau réel.
Mais transformer la criminalité transnationale en guerre globale sans juge ni procès pose une question centrale :
Qui contrôle l’usage de la force quand elle devient permanente et transfrontalière ?
À force de frapper au nom de la sécurité, le risque est de redéfinir dangereusement les règles du droit international, au détriment des principes fondamentaux.
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