29 mai : le jour des grands hommes, le jour de Maître Abdoulaye Wade
Le 29 mai n’est pas une date comme les autres dans l’histoire de l’humanité. C’est une date qui semble avoir été choisie par le destin pour célébrer les visionnaires, les bâtisseurs et les hommes dont l’œuvre dépasse leur époque.
Le 29 mai 1919, la théorie de la relativité générale d’Einstein est confirmée par l’expérience d’Arthur Eddington. Ce jour-là, le monde découvre qu’un homme avait vu plus loin que les autres. Un intellectuel, un chercheur, un penseur dont les idées allaient transformer notre compréhension de l’univers.
Le 29 mai 1346, une ordonnance historique est promulguée en France pour protéger les forêts. Bien avant que le mot « écologie » n’existe, certains comprenaient déjà que les générations futures devaient hériter d’une nature préservée.
Le 29 mai 1917 naissait John Fitzgerald Kennedy, l’un des présidents les plus admirés du XXe siècle. Un homme dont le rêve, la vision et le courage continuent d’inspirer des millions de personnes à travers le monde.
Et le 29 mai 1926 naissait, à son tour, un homme dont l’histoire allait marquer à jamais le Sénégal, l’Afrique et le monde noir : Abdoulaye Wade.
Aujourd’hui, alors qu’il célèbre son centenaire, il est impossible de ne pas voir dans cette coïncidence une forme de symbole.
Comme Einstein, Abdoulaye Wade a toujours été un intellectuel hors norme. Juriste, économiste, professeur, chercheur, auteur de nombreux ouvrages, il a consacré sa vie à la réflexion sur le développement de l’Afrique. Pendant des décennies, il a produit des idées, imaginé des solutions et proposé des alternatives pour sortir le continent de la dépendance et du sous-développement.
Comme les précurseurs de la protection des forêts, il a compris avant beaucoup d’autres que l’avenir de l’Afrique passait aussi par la préservation de son environnement. Son nom restera associé à la Grande Muraille Verte, ce gigantesque projet destiné à freiner l’avancée du désert et à redonner espoir aux populations du Sahel. Là où d’autres voyaient du sable, lui voyait une ceinture de vie traversant l’Afrique.
Comme Kennedy, il fut un président porteur de rêve. Un homme qui a su convaincre tout un peuple que l’alternance démocratique n’était pas une utopie mais une réalité possible. Le 19 mars 2000, lorsqu’il accède à la magistrature suprême, c’est bien plus qu’une victoire électorale : c’est un tournant historique pour l’Afrique subsaharienne. Pour la première fois, un opposant conquiert démocratiquement le pouvoir au Sénégal après un quart de siècle de combat politique.
Cette victoire n’appartenait pas seulement aux Sénégalais. Elle envoyait un message à toute l’Afrique : la démocratie pouvait triompher par les urnes. Pendant vingt-six ans, beaucoup l’ont cru vaincu,il revenait toujours. On l’a dit fini, il revenait plus fort. On l’a dit isolé, il rassemblait davantage. Sa carrière politique est l’histoire d’une résilience exceptionnelle mais l’homme ne s’est pas limité au Sénégal.
Dans ses choix, il a toujours cherché à placer l’Afrique au cœur des grandes décisions internationales. Beaucoup oublient qu’autour de lui se sont formées plusieurs générations de dirigeants africains. Parmi eux figure Macky Sall, qu’il a propulsé sur la scène nationale et internationale. Aujourd’hui, certains évoquent même son nom parmi les personnalités africaines susceptibles d’occuper les plus hautes fonctions au sein du système des Nations unies. Une chose est certaine : l’école politique de Wade a produit des hommes qui continuent d’influencer le destin du continent.
A 100 ans, Maître Wade n’est plus seulement un ancien président.
Il est devenu une mémoire vivante ,la mémoire des combats pour la démocratie ,la mémoire des luttes pour l’alternance la mémoire de l’espoir Africain, la mémoire d’une génération qui refusait de croire que l’Afrique était condamnée à subir son destin.
On peut être d’accord ou non avec certaines de ses décisions. C’est le propre des grandes figures historiques. Mais personne ne peut lui retirer ce qu’il a apporté à son pays et à son continent.
Peu d’hommes ont la chance de voir leur œuvre traverser un siècle , peu d’hommes peuvent contempler un pays qu’ils ont contribué à transformer ,peu d’hommes peuvent célébrer cent années d’existence en demeurant présents dans la mémoire collective de leur peuple.
Aujourd’hui, le Sénégal, l’Afrique et la diaspora saluent un monument.
Cent ans d’histoire. cent ans de combats ,cent ans d’intelligence ,cent ans de vision et surtout cent ans d’espérance.
Bon anniversaire, Maître Abdoulaye Wade.
Le 29 mai appartient à l’histoire universelle. Désormais, pour les Africains, il portera aussi le nom d’un homme qui a consacré sa vie à défendre la démocratie, à rêver l’Afrique et à croire en son destin : “AJAARAMA “bdoulaye Wade.
Baba Aidara ,
Journaliste D’investigation

