
quand la balle passe aussi dans le camp des Lions du Sénégal
À la veille de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la décision de l’administration Trump de durcir l’accès aux visas pour plusieurs nationalités, dont les Sénégalais, agit comme une douche froide.
Officiellement, il s’agit d’une mesure administrative fondée sur des critères techniques. Officieusement, pour des milliers de supporters, c’est la perspective douloureuse d’un Mondial sans eux.
Sur le plan sportif, le Sénégal n’est pas menacé.
Les joueurs, le staff et les officiels bénéficient d’exemptions prévues par les règles internationales. Les Lions seront bien là. Le drapeau aussi. L’hymne également.
Mais le football ne se joue pas à huis clos.
Les grands absents potentiels : les supporters
Dans toutes les Coupes du monde, les tribunes racontent une autre histoire que celle des pelouses.
Et le Sénégal fait partie de ces nations dont la ferveur populaire est une composante essentielle de la performance.
Une Coupe du monde sans marée verte-jaune-rouge serait une anomalie.
Un Mondial sans les chants, les drapeaux, les tambours et l’énergie sénégalaise serait appauvri.
C’est ici que la question cesse d’être seulement administrative pour devenir politique, symbolique et morale.
Et maintenant, la balle est aussi dans le camp des Lions
Oui, les décisions de visas relèvent des États.
Mais le football a ceci de particulier : il crée des rapports de force invisibles.
À la prochaine Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, les Lions du Sénégal ont rendez-vous avec l’histoire.
Ils devront se comporter en véritables patrons.
Mieux encore : redevenir champions d’Afrique.
Pourquoi ?
Parce qu’une équipe qui gagne, qui domine, qui fait rêver, impose une réalité que la politique ne peut ignorer.
Une équipe championne, une pression morale
Il serait profondément injuste de priver les supporters de la plus belle équipe d’Afrique — surtout si elle est championne du continent.
Un Sénégal : champion d’Afrique, respecté sportivement, suivi par une diaspora nombreuse et pacifique,
crée une pression morale et politique naturelle sur les pays hôtes du Mondial.
Car empêcher les supporters d’accompagner une équipe qui porte l’Afrique entière devient alors difficilement justifiable.
Le football, dans ces moments-là, dépasse le sport : il devient diplomatie, il devient image, il devient enjeu.
Le football comme force douce (soft power)
Une équipe qui gagne : change les récits, casse les clichés, humanise une nation.
Quand les Lions brillent, ce sont des millions d’yeux qui regardent autrement le Sénégal.
Et cette visibilité crée des attentes :
celles d’un accueil digne,
celles d’un traitement équitable des supporters,
celles d’un Mondial réellement universel.
gagner pour exister, gagner pour rassembler
La décision sur les visas est un signal dur, mais elle n’est pas une fatalité.
Les Lions ont une carte à jouer sur le terrain.
Une CAN maîtrisée, un titre continental, une équipe conquérante peuvent peser bien au-delà des stades.
Parce qu’au final, une équipe qui fait rêver tout un continent oblige le monde à l’écouter.
Et priver ses supporters de ce rêve-là serait une injustice que même la politique aurait du mal à assumer. Babapodcast.com

