April 3, 2026
UA

Union africaine : le multilatéralisme sous pression

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est ouvert ce 14 février à Addis-Abeba dans un climat lourd. Conflit persistant dans l’est de la RDC, guerre civile au Soudan, tensions au Soudan du Sud, progression du terrorisme : le continent accumule les foyers d’instabilité au moment même où l’ordre international vacille.

Si une cinquantaine de dirigeants ont fait le déplacement, seule une partie des chefs d’État était physiquement présente. Certains pays étaient représentés par leurs Premiers ministres, tandis que plusieurs absences notables ont marqué les esprits. Le contexte politique reste sensible, notamment avec la participation de dirigeants issus de transitions militaires récemment validées par des élections contestées.

Multilatéralisme fragilisé, Afrique sous pression

Dès l’ouverture, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a dressé un constat sans détour : l’ordre mondial est en recomposition brutale. Entre interventions unilatérales de grandes puissances, ingérences extérieures et repli protectionniste, le multilatéralisme apparaît affaibli.

Face à cette réalité, il a plaidé pour une accélération de l’intégration politique et économique du continent, estimant qu’il ne s’agit plus d’un simple idéal panafricain, mais d’une nécessité stratégique pour la survie collective. Même tonalité du côté du président angolais João Lourenço, président sortant de l’UA, qui a mis en garde contre la normalisation des coups d’État suivis d’élections destinées à légitimer une prise de pouvoir initialement inconstitutionnelle. Selon lui, ce phénomène menace directement les principes fondateurs de l’organisation et pourrait banaliser les ruptures d’ordre constitutionnel.

L’Afrique et la réforme de la gouvernance mondiale

Invité traditionnel à la cérémonie d’ouverture, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué le rôle central de l’UA dans un monde fracturé. Il a toutefois rappelé l’injustice persistante de l’absence d’un siège permanent africain au Conseil de sécurité, qualifiant cette situation d’anachronique. En clôture protocolaire, le président burundais Evariste Ndayishimiye, nouveau président en exercice de l’organisation, a réaffirmé que le multilatéralisme demeure indispensable à la stabilité et au développement du continent.

Au-delà des discours, ce sommet pose une question centrale : l’Afrique peut-elle renforcer son unité interne alors que l’environnement géopolitique mondial se durcit ?

L’enjeu dépasse les crises immédiates. Il touche à la capacité du continent à parler d’une seule voix dans un monde où la loi du plus fort tend à remplacer les règles communes.

Babapodcast.com

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