SOFTCARE : le Parlement doit convoquer le ministre de la Santé
Deux communiqués officiels.
Huit jours d’intervalle.
Deux versions opposées.
Dans l’affaire SOFTCARE, l’État sénégalais a laissé s’installer une confusion sanitaire grave autour des protections menstruelles, exposant des millions de femmes à une incertitude inacceptable.
Ce n’est plus une polémique.
C’est une défaillance politique.
Ce que l’on sait
Le premier communiqué de l’ARP évoque des matières premières périmées et justifie un retrait du marché.
Le second affirme que les produits sont finalement conformes.
Aucun rapport scientifique détaillé n’a été rendu public.
Aucune analyse indépendante n’a été publiée.
Le ministère de la Santé est resté silencieux.
Qui dit vrai ?
Le précédent kényan ignoré
Au Kenya, face à des soupçons similaires sur des protections menstruelles, les autorités ont suspendu, enquêté, communiqué.
Au Sénégal, on a temporisé.
On a corrigé la communication.
On n’a pas tranché.
Ignorer un précédent régional documenté est une faute de gouvernance sanitaire.
Pourquoi c’est grave
Les protections menstruelles ne sont pas un produit secondaire.
utilisées chaque mois
pendant des décennies
par la moitié de la population
Une femme utilise jusqu’à 15 000 serviettes hygiéniques dans sa vie.
Le moindre défaut répété devient un risque sanitaire cumulatif.
Les questions que le Parlement doit poser
Sur quelle base scientifique les produits ont-ils été revalidés ?
Quels laboratoires indépendants ont analysé les lots ?
Pourquoi les rapports d’inspection ne sont-ils pas publics ?
Qui a autorisé la reprise de la commercialisation ?
Des pressions ont-elles été exercées sur les inspecteurs ?
Le ministère doit répondre. Devant la représentation nationale.
Le silence n’est plus acceptable
Quand l’État hésite, les femmes paient.
Quand le ministère se tait, le doute persiste.
Quand le Parlement ne contrôle pas, il devient complice.
SOFTCARE n’est pas une affaire industrielle.
C’est un test de responsabilité politique.
Baba Aidara
Babapodcast.com

