April 3, 2026
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Quand “Médecins de demain” rencontre la violence d’aujourd’hui

En 2021, RFI posait ses micros à Dakar pour une émission lumineuse : « Médecins de demain ».
Des visages concentrés, des voix pleines d’espoir, des étudiants en blouse blanche à la Université Cheikh Anta Diop de Dakar, portés par une vocation claire : soigner, servir, sauver des vies.

On écoutait Daro Sène, Christine Sokhna Tchiandoum, Maïmouna Sow raconter leurs sacrifices, leurs nuits blanches, leur foi dans la médecine.
On entendait le doyen, le Pr Abdoulaye Samb, parler d’excellence, d’engagement, d’avenir.

C’était beau , c’était prometteur et c’était le Sénégal qui prépare ses médecins.

Mais aujourd’hui, le contraste est brutal.

Ceux qui doivent nous soigner demain tombent sous la violence du monstre.
Le monstre de l’instabilité . le monstre de la politisation des campus , le monstre d’un système incapable de protéger ses propres élites en formation.

Comment peut-on, dans un même pays, célébrer nos “médecins de demain” au micro international…
et laisser ces mêmes étudiants respirer les gaz lacrymogènes, courir sous la peur, tomber sous les coups ?

Comment peut-on parler de vocation, de mérite, d’excellence…
quand l’environnement universitaire devient un champ de tension permanente ?

Former un médecin, ce n’est pas seulement dispenser des cours de physiologie ou d’anatomie.
C ‘est protéger un climat c’est garantir la stabilité.c’est assurer la sécurité psychologique et physique de celles et ceux qui porteront demain nos hôpitaux.

Un étudiant en médecine traumatisé n’est pas un symbole de résilience nationale.
C’est le signe d’un État qui vacille dans ses priorités Le Sénégal aime se projeter comme un pays de savoir et de stabilité.
Mais la crédibilité d’une nation se mesure à la manière dont elle traite ses futurs médecins, ses ingénieurs, ses chercheurs.

On ne peut pas réclamer l’excellence sans garantir la paix.
On ne peut pas exiger le serment d’Hippocrate dans un climat de violence. La vraie question n’est pas seulement universitaire. Elle est morale.Quel message envoie-t-on à ces jeunes femmes et ces jeunes hommes qui ont choisi de consacrer leur vie à sauver la nôtre ?

Si ceux qui doivent nous soigner demain ne sont pas protégés aujourd’hui,
alors qui soigne la République ?

Babapodcast.com

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