Il se présente comme un chantre du panafricanisme, un homme fort qui aurait rompu avec les tutelles étrangères, un militaire venu « libérer » la Guinée de ses vieux démons.
Mais derrière les discours enflammés contre l’Occident, une réalité plus prosaïque se dessine : celle d’un dirigeant africain qui sécurise son avenir personnel… en France.
L’enquête du journaliste Thomas Dietrich, spécialiste reconnu des réseaux de la Françafrique, jette une lumière crue sur cette hypocrisie politique incarnée par Mamadi Doumbouya.
Une villa discrète au pied des Cévennes
Les faits sont têtus.
En 2020, alors qu’il n’est encore que chef des forces spéciales sous Alpha Condé, Mamadi Doumbouya acquiert une ancienne ferme délabrée dans le sud de la France, dans le Gard, pour 150 000 euros.
Un bien modeste sur le papier, mais qui va rapidement devenir un chantier de luxe.
” À mon avis, les travaux se chiffrent en centaines de milliers d’euros “, constate Thomas Dietrich sur place.
Une question s’impose, brutale, incontournable :
Avec quel argent ?
Le salaire d’un officier guinéen permet-il de financer une villa française lourdement rénovée ?
Ou faut-il regarder du côté des ressources de l’État guinéen, c’est-à-dire l’argent du contribuable ?
Biens mal acquis : une question qui dérange
Ce dossier pose clairement un problème de biens mal acquis, un sujet que les régimes africains préfèrent enterrer.
Car pendant que : les Guinéens subissent la cherté de la vie, les libertés publiques sont étouffées, les opposants sont pourchassés,
le chef de la junte, lui, prépare sa retraite dans la douceur du sud de la France.
Voilà le vrai visage du panafricanisme version Doumbouya :
anti-occidental dans les discours, ultra-occidental dans les actes.
Un “panafricaniste”… formé, logé et protégé par la France
L’enquête rappelle un élément essentiel, souvent passé sous silence :
Mamadi Doumbouya est un produit du système français. Long séjour en France .Engagement dans la Légion étrangère française Domiciliation, avant le putsch, dans une caserne de gendarmerie française Nationalité française
Ironie absolue : celui qui fustige l’ingérence étrangère est l’un des chefs d’État ouest-africains les plus imbriqués dans l’appareil français.
Silences administratifs et protection troublante
Autre fait grave : la manière dont cette affaire est verrouillée.
À la mairie, l’accès à un permis de construire, document pourtant public, devient soudainement sensible dès que le nom de la famille Doumbouya est prononcé.
Sur place : des vigiles menaçants, une filature en voiture, et surtout, des gendarmes français allant jusqu’à exiger le contrôle des images — une pratique illégale sans mandat.
Une question dérangeante se pose alors :
Pourquoi tant de zèle pour protéger la résidence d’un dirigeant africain ?
La Guinée, prison à ciel ouvert
Pendant que la villa se rénove, la Guinée s’enfonce.
Selon Thomas Dietrich : opposants et journalistes disparaissent, la répression est systématique, des prisons secrètes seraient utilisées, la peur est devenue un mode de gouvernance.
Le contraste est violent :
le confort en France pour le chef, la brutalité en Guinée pour le peuple.
Le vrai scandale : le mensonge politique
Ce dossier dépasse une simple histoire immobilière.
Il révèle un mensonge politique fondamental.
Mamadi Doumbouya ne combat pas la Françafrique :
il en est l’un des héritiers modernes.
Son panafricanisme n’est qu’un outil de communication, un slogan destiné aux foules, pendant que les actes racontent une autre histoire — celle de la dépendance, de la duplicité et de l’enrichissement personnel.
Question finale, incontournable
Un dirigeant qui : réprime son peuple ,sécurise ses biens en Europe, bénéficie d’une protection tacite en France,
peut-il encore prétendre incarner une rupture historique pour l’Afrique ?
La réponse, désormais, appartient aux Guinéens.
Mais les faits, eux, sont déjà là. …Babapodcast.com

