February 7, 2026
VAR

Ousmane Sonko et la VAR de ses propres paroles

Il l’avait dit, martelé, répété sur toutes les tribunes :

“Si vous voyez un homme politique venir vous donner des millions, dites-vous tout de suite que c’est un voleur.

Cette phrase, devenue slogan moral, a longtemps servi de boussole à ses partisans et d’arme politique contre ses adversaires.

Aujourd’hui, la réalité rattrape le discours.

15 millions pour des festivités : quand la morale vacille

Voilà que Ousmane Sonko débourse 15 millions de FCFA pour des festivités culturelles.
La question n’est pas de savoir si la culture mérite d’être soutenue — elle le mérite pleinement.
La vraie question est ailleurs :

 Quand l’argent devient “sale” chez les autres et “vertueux” chez soi, que reste-t-il du discours ?

Car enfin, si l’on applique strictement ses propres mots, que faut-il penser aujourd’hui ?

Que les millions sont devenus propres par décret ?

Que la morale change selon que l’on est opposant ou au pouvoir ?

Ou que la phrase n’était qu’un outil politique, sans valeur universelle ?

Signaler à droite, tourner à gauche

C’est là que le malaise s’installe.

Ousmane Sonko est devenu coutumier de l’exercice :

dénoncer à haute voix,

puis faire exactement ce qu’il condamnait hier,

au nom de nouvelles justifications.

Ce décalage constant entre la parole et l’acte nourrit un sentiment de confusion, voire de désillusion, y compris chez certains de ses soutiens.

La politique ne se juge pas seulement à l’intention, mais à la cohérence.

La VAR politique : les archives ne mentent jamais

En football, la VAR ne pardonne pas.
En politique, c’est pire.

Les vidéos, les déclarations, les slogans sont là. Intacts. Archivés.
Chaque décision prise aujourd’hui est automatiquement comparée à la parole d’hier.

Et sur ce terrain, Ousmane Sonko subit VAR après VAR, sans fin :

sur la gouvernance,

sur la morale publique,

sur l’usage de l’argent.

Ce n’est pas l’opposition qui le met en difficulté.
Ce sont ses propres mots.

Gouverner, ce n’est pas seulement dénoncer

Être au pouvoir impose une règle simple mais implacable :
 on est jugé à l’aune de ce que l’on faisait condamner hier.

La dénonciation permanente est facile.
La cohérence, elle, est rare.

Et c’est précisément cette cohérence qui fait aujourd’hui défaut.

la morale ne peut pas être à géométrie variable

On ne peut pas bâtir un capital politique sur la vertu,
puis demander au peuple d’accepter les mêmes pratiques sous un autre nom.

Quand on a promis la rupture,
on ne peut pas gouverner par l’exception permanente.

La VAR est là.
Elle ne clignote pas.
Elle tranche.
Babapodcast.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *