Massacre de Thiaroye : la justice française reconnaît une faute de l’État
Plus de 80 ans après les faits, une décision historique vient de tomber. Ce 27 mars, le tribunal administratif de Paris a condamné l’État français pour avoir dissimulé les circonstances de la mort d’un tirailleur africain tué lors du massacre de Thiaroye en 1944. A l’époque, ces soldats ouest-africains, qui avaient combattu pour la France, réclamaient simplement le paiement de leur solde. Ils ont été abattus par l’armée coloniale près de Dakar.
La justice estime aujourd’hui que les autorités françaises ont non seulement fourni des informations fausses à la famille du soldat le présentant comme déserteur mais qu’elles ont aussi échoué à faire toute la lumière sur les conditions exactes de sa mort et sur son lieu d’inhumation.Si les faits eux-mêmes sont prescrits, l’État est reconnu responsable pour ne pas avoir cherché la vérité. En réparation du préjudice moral, le fils du tirailleur recevra 10 000 euros.
Malgré des avancées récentes comme la reconnaissance en 2019 de son statut et en 2024 du « mort pour la France » de nombreuses zones d’ombre persistent encore sur ce massacre, notamment le nombre réel de victimes et les circonstances exactes des tirs.
Le drame de Thiaroye reste aujourd’hui une blessure ouverte, au Sénégal comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

