Ma’Salam Morocco, Good Morning America : la deuxième étoile des Lions, au bout du chaos et de la grandeur
Par Baba Aïdara
Ils l’ont fait.
Ils l’ont écrit.
Ils l’ont gravé dans l’histoire.
Le Sénégal vient de broder une deuxième étoile sur le maillot national.
Et cette étoile-là n’est pas juste une récompense sportive.
C’est une victoire de peuple.
Une victoire de dignité.
Une victoire d’âme.
Parce que ce sacre au Maroc n’a pas été un simple match de football.
C’était une finale… contre le terrain,
contre la pression,
contre l’arrogance,
contre le bruit,
contre les manœuvres,
contre l’étouffement psychologique.
Et pourtant… les Lions ont rugi plus fort que tout.
Une finale au parfum de piège
Depuis la qualification en finale, le Sénégal n’a pas vécu une préparation normale.
Non.
Il a vécu une traversée.
De Tanger à Rabat, des couloirs aux hôtels, des mouvements aux déplacements, tout donnait l’impression d’un objectif :
déstabiliser, fatiguer, salir, pousser à bout.
Les supporters sénégalais eux-mêmes en savent quelque chose :
impossible de trouver des tickets,
une frustration totale,
une ambiance verrouillée,
un climat où la fraternité africaine semblait être restée à la frontière.
Mais ce qu’on oublie toujours dans ce genre de scénario, c’est une réalité :
le Lion ne demande pas la permission pour gagner.
Un arbitrage frustrant… mais pas assez pour éteindre le Gaïndé
Oui, il faut le dire avec responsabilité :
l’arbitrage a laissé à désirer.
Des décisions discutables.
Des moments où le doute s’installe.
Des séquences où on sent le match glisser.
Mais ce soir-là, les Lions n’avaient pas prévu de discuter.
Ils avaient prévu de trancher.
Quand tout semblait chercher à les faire tomber,
le Sénégal a répondu par ce qu’il a de plus fort :
la discipline
la rage
le mental
l’orgueil
et la foi en leur destin
Le Maroc, pays hôte… mais le Sénégal, pays maître
Il faut être clair : jouer contre le pays organisateur en finale, ce n’est jamais un match normal.
C’est souvent un match où il faut gagner deux fois :
une fois sur le terrain
une fois dans l’environnement
Et ce soir-là, le Sénégal a gagné avec la manière.
Pas dans la peur.
Pas dans la plainte.
Pas dans le folklore.
Dans la maîtrise. Dans le courage. Dans la puissance.
Le Lion de l’Atlas voulait imposer sa montagne.
Mais le Gaïndé est venu avec son ciel.
Et il a planté son étoile.
Le tournant : l’expérience a parlé… et Sadio Mané a rugi
Il y a eu un moment où tout aurait pu basculer.
Sur un geste, une colère, une frustration, un abandon mental…
On était à deux doigts du piège psychologique.
Mais heureusement, dans ce groupe, il y a un homme.
Un Lion dans le Lion.
Sadio Mané.
Quand l’atmosphère pèse, quand la pression monte, quand la provocation cherche l’explosion…
l’expérience, elle, met la glace dans le feu.
Ce soir-là, Sadio n’a pas seulement joué.
Il a rappelé une chose :
un champion ne s’humilie pas. Un champion répond.
Et le Sénégal a répondu.
Cette étoile est une leçon : le football d’Élite se gagne en dehors du terrain
Ce sacre doit ouvrir les yeux à tout le monde :
le Sénégal a du talent, oui.
Mais le talent seul ne suffit pas au sommet.
Le Sénégal a besoin de renforcer son encadrement.
Dans ces grands rendez-vous, il faut :
de l’expérience dans les couloirs
de la maîtrise dans la pression
des hommes du sérail dans le vestiaire
une famille technique autour du coach
À la Coupe du Monde, on ne survivra pas sans une armature solide.
Car l’Amérique ne pardonne pas les improvisations.
Et l’Europe ne respecte que les équipes organisées.
Ma’Salam Morocco… Good Morning America
Ce soir, on ne dit pas seulement au revoir au Maroc.
On dit au revoir à une CAN difficile, parfois étouffante, mais finalement glorieuse.
Ma’Salam Morocco.
Merci pour le cadre, malgré les secousses.
Mais le Sénégal ne repart pas en invité.
Il repart en roi.
Et maintenant…
Good Morning America.
Direction New Jersey, pour le grand rendez-vous du 7 juin contre la France.
Une affiche mondiale.
Un test de vérité.
Un match où chaque détail sera une frontière entre le grand et l’immense.
Rectifier vite, respirer, se renforcer
La fête est belle.
Mais le chantier continue.
Il faut rapidement :
aérer les rangs
corriger les petites erreurs
renforcer la famille technique
solidifier la stratégie
protéger le groupe
Parce que l’objectif n’est pas seulement de gagner l’Afrique.
C’est de frapper à la porte du monde, et d’y rester.
Deuxième étoile, mais première mission : le Monde
Les Lions n’ont pas gagné seulement une coupe.
Ils ont gagné un statut.
Ils ont prouvé que : les tracasseries ne les cassent pas, l’arrogance ne les impressionne pas, l’injustice ne les fait pas abandonner, la pression ne les plie pas.
Ce soir, le Sénégal n’a pas seulement gagné.
Le Sénégal a enseigné.
Le Gaïndé n’est pas fragile.
Le Gaïndé est un roi.
Et désormais…
Le Sénégal marche avec deux étoiles.
Et il marche vers une seule direction :
la Coupe du Monde

