L’Afrique sabotée de l’intérieur
Il y a des crimes qui ne se commettent ni avec des armes, ni avec des tanks.
Ils se commettent avec des mots.
Des mots lâchés à la légère, mais dont les conséquences sont lourdes, durables, parfois irréversibles.
La sortie de Seydi Gassama contre l’hypothèse d’un Africain Macky Sall à la tête de l’ONU n’est pas une opinion.
C’est un acte de sabotage continental.
Oui, sabotage. Le mot est faible.
Quand la haine remplace la lucidité
Ce qui s’est exprimé n’est ni du courage moral, ni de la vigilance démocratique.
C’est de la haine froide, méthodique, idéologique. Une haine qui préfère voir l’Afrique humiliée plutôt que de voir un Africain réussir car enfin, posons la vraie question :
A qui profite l’élimination préventive d’un Africain dans la course à l’ONU ?
Certainement pas à l’Afrique et certainement pas au Sénégal.
Mais sûrement à ceux qui n’ont jamais accepté que ce continent cesse d’être un terrain d’expérimentation pour devenir un acteur stratégique.
Le luxe que l’Afrique n’a plus
Le monde est en guerre diplomatique permanente.
Les continents se coalisent, se bloquent, se positionnent.
L’Europe défend l’Europe.
L’Asie défend l’Asie.
L’Amérique défend l’Amérique.
Et l’Afrique ?
On lui propose de se tirer une balle dans le pied, sous couvert de morale et de qu’elle morale meme ?
C’est indécent ,c’est irresponsable et meme suicidaire.
Le précédent africain… et la leçon ignorée
L’Afrique a déjà dirigé l’ONU avec Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan.
Deux géants. Deux figures respectées. Mais l’Afrique d’hier était faible, divisée, surveillée, contenue, elle n’a pas pu transformer ces victoires symboliques en gains stratégiques.
Aujourd’hui, le monde est différent ,l’Afrique est centrale. elle derange ,elle interesse ,elle inquiète. et c’est précisément maintenant que certains Africains choisissent de jouer les gardiens du temple moral… contre leur propre camp.
Humanisme à géométrie variable
Où était cette indignation morale lorsque : des soldats sénégalais tombaient en Casamance ? des appels à l’insurrection embrasaient le pays ? des foules brûlaient, pillaient, tuaient au nom de la politique ?
Silence. Prudence. Neutralité.
Mais dès qu’il s’agit de bloquer une ambition africaine majeure,
les microphones s’allument, les leçons pleuvent, les ultimatums surgissent. Ce n’est pas de l’humanisme.
C’est de la politique sélective, maquillée en vertu.
Macky Sall n’est pas le sujet
Qu’on l’aime ou qu’on le déteste est secondaire le sujet est ailleurs.
Le sujet, c’est l’Afrique.
Le sujet, c’est la capacité du continent à imposer un des siens dans l’architecture mondiale.
Le sujet, c’est la succession de António Guterres dans un monde où chaque grande puissance avance ses pions.
Refuser cela par ressentiment personnel, c’est confondre règlement de comptes local et stratégie mondiale.
Le plus grand ennemi de l’Afrique parle parfois africain
L’histoire retiendra une chose : quand une opportunité historique s’est présentée, les premiers à tirer ont été ceux qui se disent panafricanistes,ceux qui se disent défenseurs des droits,ceux qui se disent consciences morales.
Le plus grand ennemi de l’Afrique n’est pas toujours à Washington, Paris ou Pékin.
Il parle parfois wolof, français ou anglais.
Il tweete , il moralise et il empêche l’Afrique d’avancer.
L’histoire jugera
Un jour, quand le poste aura échappé à l’Afrique,
quand d’autres continents auront verrouillé la place,
certains feindront l’étonnement.
Mais l’histoire, elle, sera claire :
l’Afrique n’a pas été vaincue, elle s’est auto-neutralisée et ceux qui auront applaudi ce sabotage devront expliquer aux générations futures
pourquoi ils ont préféré la haine à l’intérêt du continent.

