États-Unis : le Trésor met en garde les bénéficiaires d’aides sociales qui envoient de l’argent à l’étranger la diaspora sénégalaise en première ligne
Le message venu de Washington est sans ambiguïté.
Le patron du U.S. Department of the Treasury, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, a adressé un avertissement direct aux bénéficiaires des programmes d’assistance sociale américains :
ceux qui perçoivent des aides publiques ne doivent plus transférer d’argent vers l’étranger.
Une déclaration lourde de conséquences, notamment pour des dizaines de milliers de Sénégalais vivant aux États-Unis, dont beaucoup soutiennent leurs familles restées au pays grâce aux remittances (transferts d’argent).
Quels sont les programmes d’assistance concernés ?
Les autorités américaines ciblent en priorité les aides financées par l’argent du contribuable fédéral ou local. Parmi les programmes les plus utilisés par la diaspora africaine et sénégalaise :
Logement
Section 8 (Housing Choice Voucher Program)
Public Housing (logements sociaux municipaux)
Emergency Rental Assistance
Alimentation
SNAP / Food Stamps
WIC (femmes, nourrissons et enfants)
Aides financières
Temporary Assistance for Needy Families (TANF)
Supplemental Security Income (SSI) (dans certains cas)
Santé
Medicaid
CHIP (assurance santé pour enfants)
Important : ces aides sont accordées sous condition de revenus limités et de situation de vulnérabilité déclarée.
Pourquoi le Trésor durcit le ton ?
Selon l’administration Trump, envoyer de l’argent à l’étranger tout en déclarant une incapacité financière sur le sol américain constitue une incohérence, voire une fraude indirecte.
Le raisonnement est simple (et brutal) : Si vous avez les moyens d’aider financièrement quelqu’un à l’étranger, alors vous n’êtes peut-être pas éligible à certaines aides sociales.
Quels sont les risques concrets pour les Sénégalais concernés ?
Suspension ou remboursement des aides
Coupure immédiate du Food Stamp
Perte du logement subventionné
Demande de remboursement rétroactif
Problèmes migratoires
Impact négatif sur : renouvellement de Green Card ,dossier de naturalisation et le changement de statut migratoire . Les transferts d’argent peuvent être croisés avec les données fiscales et bancaires
Accusations de fausse déclaration
Omission volontaire de revenus ,non-déclaration de capacité financière réelle risque de poursuites administratives ou pénales
Un choc pour l’économie sénégalaise
Les Sénégalais de la diaspora envoient des centaines de milliards de FCFA par an vers le pays.
Ces fonds servent à :
Nourrir des familles entières ,financer soins médicaux et scolarité Construire des maisons soutenir des villages entiers
Une restriction massive des transferts serait un séisme social silencieux, surtout dans un contexte économique déjà fragile.
Diaspora sénégalaise : que faire concrètement ?
Vérifier son statut
Relire les conditions exactes des aides perçues et surtout de Consulter un avocat en immigration ou en droit social
Éviter les transferts risqués
Les montants réguliers et traçables sont les plus exposés
Attention aux plateformes formelles (Western Union, MoneyGram, Zelle, banques)
Anticiper
Réduire progressivement la dépendance aux aides ,Déclarer toute amélioration de revenus et se préparer à un durcissement durable
Ce signal du Trésor américain marque un changement de paradigme :
les aides sociales ne sont plus seulement une question sociale, mais un enjeu migratoire, fiscal et géopolitique.Pour la diaspora sénégalaise, l’heure est à la prudence, à l’information et à l’anticipation.
Ignorer cet avertissement, c’est risquer bien plus que quelques dollars envoyés au pays.

