Agriculteurs abandonnés : quand le chef du gouvernement fuit ses responsabilités
Face à des agriculteurs à bout, inquiets pour leurs récoltes et donc pour leur survie, le Premier ministre Ousmane Sonkochoisit le mépris.
Dire publiquement ‘’je m’en fous de comment ils doivent faire pour trouver une solution ‘’, ce n’est pas une maladresse de langage : c’est un aveu politique.
Un aveu grave
Car le Premier ministre n’est ni un commentateur, ni un simple militant en meeting. Il est le chef du gouvernement, responsable de la coordination de l’action publique, des arbitrages budgétaires et des réponses aux crises. Se défausser sur le ministre des Finances, c’est reconnaître son propre échec à gouverner.
Pire encore : cette déclaration est faite devant des paysans affolés, des femmes et des hommes dont les champs ne sont pas un slogan idéologique mais la seule assurance-vie.
A leur détresse, le pouvoir oppose de l’arrogance. À leur angoisse, une phrase qui sonne comme une menace.
Ousmane Sonko continue de confondre la tribune du Conseil des ministres avec la rhétorique populiste des foules. Gouverner, ce n’est pas parler plus fort que les autres. Gouverner, c’est assumer, surtout quand la situation est difficile.
Quant au fameux livre de solutions, brandi comme une Bible politique par le président de l’Assemblée nationale, il semble aujourd’hui réduit à un objet de propagande. Sur le terrain agricole, il n’y a ni solutions, ni visibilité, ni cap. Seulement des discours et des renvois de responsabilité.
C’est une faute politique majeure.
Quand le chef du gouvernement fait peur à ses propres cultivateurs, il ne dirige plus : il fracture.
Un pouvoir qui effraie ceux qui nourrissent le pays finit toujours par affamer sa propre légitimité.

