February 6, 2026
baba11

Affaire Doudou Wade : le jour où le Sénégal devra choisir entre la peur et la liberté

Il y a des moments dans la vie d’une nation où un simple événement cesse d’être un fait divers politique pour devenir un test démocratique.

La convocation de Doudou Wade n’est pas une anecdote.
C’est un signal.

Un signal que le Sénégal ferait une erreur tragique d’ignorer.

Car la vraie question n’est pas :
Qu’a dit Doudou Wade ?

La vraie question est :
Avons-nous encore le droit de dire quelque chose dans ce pays sans risquer d’être convoqués ?

A-t-il appelé à la violence ? Non.
A-t-il menacé l’ordre républicain ? Non.
A-t-il promis un destin à la Samuel Doe à qui que ce soit ? Absolument pas.

Alors pourquoi cette fébrilité ?

Une nation qui commence à craindre les mots commence déjà à perdre sa liberté

Les démocraties ne meurent pas toujours sous les chars.

Souvent, elles s’éteignent dans un silence organisé.

D’abord, on convoque.
Ensuite, on intimide.
Puis, on habitue les citoyens à se taire.

Et un jour, sans même s’en rendre compte, le pays entier parle à voix basse.

Le Sénégal n’a jamais été cela.

Respecter ceux qui ont construit la maison

On peut contester Doudou Wade.
On peut combattre ses idées.

Mais vouloir le réduire au silence ?

C’est oublier qu’il appartient à une génération politique qui a contribué à structurer l’État moderne.

Il est une figure majeure du Parti démocratique sénégalais — un parti qui avait juré ne jamais marcher sur des cadavres pour atteindre le pouvoir.

Dans une région où la politique a parfois flirté avec la tragédie, cette promesse valait plus que mille discours.

Les nations mûres respectent leurs anciens, même lorsqu’elles ne les suivent plus.

Les nations fragiles, elles, cherchent à les faire taire.

Le vrai danger : ceux qui ont déjà décidé de ne pas comprendre

Il existe une catégorie d’individus face à qui toute explication est inutile.

Parce qu’ils n’écoutent pas pour comprendre.

Ils écoutent pour déformer.

“N’expliquez jamais vos intentions à des personnes déjà déterminées à vous mal comprendre.
Elles ne sont pas confuses — elles sont engagées dans leur propre version de l’histoire.
Peu importe la clarté de vos mots, elles les tordront pour servir leur récit.
Elles ne cherchent pas la vérité ; elles recherchent le contrôle, le drame et la validation.
Se justifier face à elles ne fait qu’épuiser votre énergie.
Les bonnes personnes comprennent sans longues explications.
Alors cessez de prouver, cessez de vous défendre  choisissez le silence, la distance et la paix.”

Ce conseil n’est pas une fuite.

C’est une posture de dignité face au vacarme.

Le moment est grave  plus qu’on ne le pense

Aujourd’hui, ce n’est pas seulement Doudou Wade qui est convoqué.

C’est une certaine idée du Sénégal.

Le pays de la parole libre.
Le pays du débat vif.
Le pays où l’on répond par des arguments — pas par des convocations.

Car retenons ceci :

Quand un pouvoir devient nerveux face aux mots, ce n’est jamais un signe de force.
C’est presque toujours un aveu de fragilité.

Attention au piège des foules dociles

L’histoire est implacable :

Les peuples ne perdent pas leur liberté uniquement à cause des dirigeants.

Ils la perdent aussi lorsque les citoyens acceptent de ne plus penser , lorsque l’instinct remplace le jugement.

Une démocratie ne peut survivre avec des consciences endormies.

Le Sénégal à la croisée des chemins

Ce moment exige de la hauteur.

Non pas pour défendre un homme.

Mais pour défendre un principe.

Car demain, la question sera simple :

 Si un doyen peut être convoqué pour ses paroles, quelle protection restera-t-il pour les jeunes voix ?

Un pays sûr de lui débat.
Un pays inquiet convoque.

Le Sénégal doit choisir ce qu’il veut être.

Maintenant.

Babapodcast.com

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