February 7, 2026
CPI

CPI contre Trump : quand la justice internationale est mise à l’index

La confrontation entre la Cour pénale internationale (CPI) et l’administration de Donald Trump marque un tournant brutal dans l’histoire de la justice internationale. Pour la première fois, des juges et procureurs sont frappés de sanctions économiques comme s’ils étaient des criminels ou des terroristes.

Invité sur RFI, le magistrat sénégalais Mame Mandiaye Niang, procureur à la CPI, brise le silence. Son constat est sans détour : la Cour n’a jamais ciblé un continent, mais des responsabilités. Après Omar el-Béchir, puis Vladimir Poutine, la CPI a visé en 2024 le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant. Une ligne rouge a alors été franchie à Washington.

En février 2025, Donald Trump signe un décret de sanctions inédites contre des magistrats internationaux. Résultat : asphyxie financière totale. Comptes gelés, cartes bancaires inutilisables, paiements bloqués, abonnements suspendus. Toute interaction avec le système financier mondial devient un risque, y compris pour les proches.

« On nous traite comme des pestiférés », résume Mandiaye Niang. Lui et ses collègues sont inscrits sur des listes du Trésor américain, consultées par les banques du monde entier. Même l’entourage familial est affecté : déplacements restreints, carrières freinées, soupçon permanent.

Au-delà des vies personnelles, c’est le fonctionnement même de la CPI qui vacille. Des collaborateurs quittent leurs postes, notamment des experts américains, par peur des représailles. Une pression politique qui produit déjà ses effets.

Pourtant, le magistrat reste inflexible : la justice pénale internationale est née d’un consensus mondial, après le Rwanda et l’ex-Yougoslavie avec l’appui initial des États-Unis. La contester est une chose, sanctionner ceux qui l’incarnent en est une autre.

« Nous avons choisi un sacerdoce, pas le confort », tranche-t-il.
Derrière l’affaire Trump-CPI, une question demeure : peut-on encore juger les puissants sans être puni pour avoir osé ?

Babapodcast.com

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