February 7, 2026
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Dakar retient son souffle : duel silencieux entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye au sommet de l’État ?”

Par Baba Aidara , Journaliste d’Investigation

Il existe des phrases qui traversent une nation comme un éclair.Et puis il y a celles qui annoncent les tempêtes.Depuis le Maroc, le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas seulement parlé.
Il a laissé tomber une phrase lourde , presque historique :

« Nous leur avons vendu un projet qui dépasse ce système qu’on aurait pu écarter et éliminer. »

Relisez-la , ce n’est pas une déclaration.
c’est une onde de choc.

Le mot qui brûle : “vendu”

On ne “vend” pas une révolution.
On ne “vend” pas une rupture.
On ne “vend” pas l’espérance d’un peuple.

Ou alors . il faut avoir le courage de regarder la suite en face. Car si un projet a été “vendu”, une question devient inévitable :

le peuple a-t-il acheté un rêve… ou une illusion ?

Ce mot seul fissure déjà le récit du changement.

Quand le pouvoir avoue ses limites

Affirmer que le système dépasse ceux qui gouvernent revient à dire une chose terrible :

soit le pouvoir n’a jamais été réellement conquis,
soit il est déjà en train d’échapper à ceux qui le détiennent.

Dans les deux cas, ce n’est plus un débat politique.

C’est une alerte d’État.

Car enfin  si ceux qui dirigent parlent comme s’ils subissaient encore, alors une angoisse silencieuse s’installe :

qui tient réellement la barre ?

Le pronom qui cache une cible

Mais le vrai explosif se niche dans un détail.

Ce petit mot : “on.”

Le pronom des responsabilités floues.
Le masque parfait quand on ne veut pas désigner. Pourtant, dans un exécutif, le sommet est connu et ce sommet a un nom :
le président Bassirou Diomaye Faye.

Car lorsqu’un Premier ministre parle du système comme d’une force intacte, il ne parle jamais dans le vide. Il trace une ligne et parfois  une distance.

Le parfum dangereux des pouvoirs bicéphales

L’histoire est brutale avec les régimes à deux visages.Au départ :

la loyauté.
Ensuite : les nuances.
Puis : les divergences.
Enfin : la rivalité.

Ce n’est pas une prophétie,c’’est une constante politique. Les États ne tremblent pas d’abord sous la pression de l’opposition.

Ils vacillent quand la confiance disparaît au sommet. Quand chacun commence à parler pour lui-même.
Quand les mots ressemblent déjà à des positionnements pour demain.

Alors une interrogation  encore impensable hier , commence à circuler :

et si la plus grande tension du pouvoir se trouvait désormais à l’intérieur même du pouvoir ?

La justice sous l’ombre du doute

Souvenons-nous d’une autre phrase attribuée à Sonko :

« Si on l’attaque, il règle ; si c’est moi, il ne fait rien. »

Même suggérée, l’idée est vertigineuse.

Elle laisse planer une suspicion :
le politique pourrait-il peser sur la justice ?

Dans toute démocratie, ce soupçon est corrosif. Car lorsque la justice est perçue comme fragile, ce n’est pas seulement une institution qui vacille.C’est le contrat de confiance entre l’État et les citoyens.

Dans ce climat, la place de Yassine Fall dans les équilibres institutionnels alimente le débat chez ceux qui espéraient une rupture plus nette , preuve que parfois, la perception compte autant que la réalité.Le moment que redoutent tous les régimes

Le danger ne commence pas dans la rue , ilcommence quand les certitudes se fissurent en haut, quand les mots deviennent plus lourds que prévu,quand les discours ouvrent des brèches et surtout
quand le doute s’invite dans l’imaginaire collectif.

Les peuples peuvent supporter les lenteurs.
Ils peuvent même tolérer les erreurs.

Mais ils acceptent rarement le sentiment d’avoir été emportés par une promesse impossible.

Car une règle traverse toutes les histoires politiques :

 la déception est une force plus imprévisible que la colère.

La question que Dakar commence à murmurer

Et si la véritable épreuve du pouvoir ne venait pas de ses adversaires mais de ses propres lignes de fracture ?Les régimes tombent rarement en un jour.
Ils s’usent d’abord dans les non-dits.
Puis dans les distances.
Puis dans la méfiance.

Jusqu’au moment où une simple phrase agit comme un révélateur. Pas forcément une rupture mais  un signal.Peut-être même un tournant. Car parfois, dans la vie des nations, tout bascule sans bruit , juste après quelques mots.

Des mots qui n’étaient pas censés porter aussi loin.

Babapodcast.com

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