February 7, 2026
el paso prison

“Yoonu Nicaragua” : à El Paso, la prison du désert où finissent trop de rêves sénégalais

C’est une image qui fait froid dans le dos.
Au milieu d’un désert sec, poussiéreux, isolé… une immense structure métallique, alignée comme une usine. Des hangars, des couloirs, des clôtures, des zones de surveillance.

Mais ce n’est pas une zone industrielle.
C’est une prison.
Un centre de détention à El Paso, au Texas, devenu l’un des symboles les plus brutaux de la politique migratoire américaine.

Et c’est là que des dizaines, parfois des centaines de migrants africains – dont beaucoup de Sénégalais – se retrouvent enfermés, après avoir tenté d’entrer aux États-Unis par un chemin désormais connu dans nos quartiers, nos réseaux et nos familles :

“Yoonu Nicaragua.”

Le piège du rêve américain version 2026

On appelle cela “Nicaragua”, mais en vérité ce n’est pas un pays :
c’est une route, un parcours de survie, un labyrinthe.

Un itinéraire qui passe par des vols, des passeurs, des frontières, des bus, des nuits dehors, des forêts, des camps improvisés… jusqu’au moment où l’espoir bascule :

la frontière Mexique–États-Unis.

Et là, c’est le mur invisible de la réalité.

Beaucoup finissent interpellés, traités comme des dossiers, puis transférés vers des centres comme celui d’El Paso.

El Paso : quand l’Amérique enferme avant même d’écouter

Ce centre n’est pas seulement un bâtiment.

C’est une méthode.

Car à El Paso, les migrants ne sont pas accueillis :
ils sont “retenus”.

Ils ne sont pas entendus :
ils sont “classés”.

Ils ne sont pas considérés comme des êtres humains en fuite :
ils sont considérés comme un risque.

Le système américain, aujourd’hui, fonctionne souvent ainsi :

tu arrives à la frontière, tu es arrêté, tu es détenu, tu attends, tu espères, et enfin tu t’épuises.

Et pendant que les procédures avancent, les vies, elles, s’arrêtent.

Des Sénégalais derrière les grillages : une douleur silencieuse

On en parle peu dans les médias, mais la réalité est connue dans les familles :

des jeunes partis “pour tenter leur chance”
parfois des pères de famille
parfois des étudiants
parfois des gens qui ont vendu terrain, bijoux, voiture, bétail… pour financer le voyage

Et au bout :
El Paso. La détention. La honte. Le silence.

Le plus dur, ce n’est pas seulement l’enfermement.

C’est le sentiment d’être abandonné au milieu d’un système froid, où l’on ne comprend pas la langue, où l’on n’a pas d’avocat, où l’on ne sait même pas combien de temps on restera.

“Yoonu Nicaragua” : la route qui ruine des familles

Il faut le dire clairement :

Ce voyage n’est pas seulement dangereux.
Il est ruineux.

Dans beaucoup de cas, les familles au Sénégal :

s’endettent lourdement, vendent ce qu’elles ont, hypothèquent l’avenir des plus jeunes,

misent tout sur un seul pari.

Et quand ce pari finit en prison à El Paso, c’est toute une maison qui tombe.

On ne perd pas seulement de l’argent.
On perd du temps.
On perd de la dignité.
On perd parfois la santé mentale.

Une prison, mais surtout un message politique

Cette prison est aussi un panneau géant, invisible mais clair, envoyé au monde :

“N’entrez pas. Vous serez enfermés.”

El Paso, c’est la vitrine de la dissuasion.

Et depuis quelque temps, l’Amérique durcit :

plus d’arrestations, plus de détention, plus d’expulsions rapides, et moins de patience envers ceux qui “viennent tenter”.

Le migrant devient un chiffre.
Le rêve devient un problème à gérer.

Le drame : ce sont nos jeunes qui paient le prix

Pendant que certains politiciens parlent de souveraineté et de slogans, la réalité est là :

📌 nos jeunes fuient
📌 nos familles s’écroulent financièrement
📌 nos talents risquent la prison au désert
📌 nos mères pleurent en silence

Et ceux qui réussissent ? Ils deviennent rares.
Parce que la route, aujourd’hui, est saturée, surveillée, piég

Ce que nous devons dire, sans hypocrisie

Oui, chaque homme a le droit de chercher une vie meilleure.
Mais aucune société sérieuse ne doit considérer normal que ses enfants choisissent :

l’exil clandestin
l’humiliation
la détention
l’expulsion
ou la mort dans le désert

juste pour avoir une chance.

El Paso n’est pas un “détour” c’est une alerte

Cette prison d’El Paso doit servir d’électrochoc.

Parce que “Yoonu Nicaragua” n’est pas une aventure.
Ce n’est pas un film.
Ce n’est pas un raccourci.

C’est une route qui avale des vies.

Et derrière ces hangars du désert, il y a un message dur, mais réel :

Les États-Unis ne te doivent pas un rêve.
Le Sénégal, lui, ne doit pas perdre sa jeunesse.

Babapodcast.com

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