Crimes de l’ère Jammeh : Barrow choisit un procureur britannique… et humilie la Gambie
La Gambie tente de tourner une page tragique : celle des crimes, des disparitions, des tortures, des exécutions et des humiliations subies sous l’ère Yahya Jammeh. Une page lourde, sombre, mais nécessaire. Une page qui exige vérité, mémoire, justice.
Mais au moment où l’État gambien devait poser un acte souverain, fort et historique… le président Adama Barrow fait le choix du renoncement.
Il désigne un procureur britannique pour piloter les enquêtes et poursuites liées aux crimes de l’ère Jammeh.
Et ce choix, qu’on veut vendre comme une décision “technique” ou “internationale”, sonne en réalité comme une gifle nationale.
Un message terrible : “La Gambie n’est pas capable de se juger elle-même”
La première question est simple :
Pourquoi un procureur britannique ?
Parce qu’on veut faire sérieux ?
Parce qu’on veut rassurer l’Occident ?
Parce qu’on veut que le dossier “ait du poids” auprès des bailleurs ?
Si c’est cela, alors le message envoyé est encore plus grave que la décision elle-même :
la justice gambienne serait trop faible
les juristes gambiens seraient insuffisants
l’Université gambienne ne formerait pas de cerveaux compétents
l’intelligence gambienne ne serait pas digne de porter ses propres procès
C’est une humiliation à ciel ouvert.
Et dans un pays qui a souffert d’un régime autoritaire, ce genre de décision ressemble à une phrase terrifiante :
“Nos institutions n’ont pas grandi… elles attendent encore qu’on les valide de l’extérieur.”
Une justice importée, comme si on importait du riz
La justice n’est pas un produit d’importation.
Ce n’est pas un véhicule de service.
Ce n’est pas un consultant qu’on fait venir pour cocher une case.
Ce n’est pas un label.
La justice, c’est l’âme d’un État.
C’est la preuve qu’un peuple existe politiquement.
C’est le moment où une nation regarde ses blessures, ses coupables, ses complicités… et tranche.
En confiant ce dossier à un procureur étranger, Barrow rend la Gambie spectatrice de sa propre douleur.
Et au lieu d’un procès national, on risque d’avoir un procès “propre”, “moderne”, “bien écrit”… mais politiquement stérile.
La souveraineté ne se sous-traite pas
Ce dossier Jammeh n’est pas un simple dossier judiciaire :
c’est une reconstruction nationale

