« La CAN la plus rentable de l’histoire » : le Maroc revendique le jackpot, mais à quel prix ?
Le Maroc n’a pas seulement voulu organiser une Coupe d’Afrique des Nations.
Il a voulu marquer l’histoire. Et aujourd’hui, Rabat assume : selon le ministre marocain de l’Industrie, « c’est la CAN la plus rentable de l’histoire pour le pays hôte ».
Une déclaration forte, presque triomphante, qui confirme une chose : la CAN n’est plus seulement un tournoi… c’est désormais un produit économique.
Une CAN transformée en machine à cash
Quand le ministre parle de « rentabilité », il parle d’abord de chiffres :
hôtels remplis,
restaurants en surchauffe, transport, commerce, événements,
publicité, droits, sponsoring.
Le Maroc a vendu cette CAN comme une vitrine continentale, capable d’attirer investisseurs, touristes et médias internationaux.
Résultat : l’événement devient un levier de croissance, mais surtout une opération de prestige rentable.
Une réussite économique… mais aussi une stratégie politique
Cette CAN sert aussi à renforcer une image :
celle d’un Maroc moderne, organisé, sécurisé, capable de “livrer” un événement de grande ampleur.
Ce n’est pas seulement du football.
C’est une démonstration de force diplomatique et industrielle.
En clair : le sport comme outil d’influence.
La question qui dérange : rentable pour qui ?
Si cette CAN est “la plus rentable”, une autre question se pose :
qui touche réellement les bénéfices ?
Car derrière les chiffres :
les petits commerçants ont-ils profité autant que les grands groupes ?
les villes populaires ont-elles gagné autant que les quartiers touristiques ?
les supporters africains ont-ils été traités comme des invités… ou comme une clientèle à surtaxer ?
La rentabilité peut être réelle… tout en laissant un goût amer à ceux qui viennent juste pour le foot.
La CAN d’aujourd’hui : business d’abord, émotions ensuite
Le football africain change.
La CAN aussi. ,Les pays hôtes ne veulent plus seulement gagner “sur le terrain”.
Ils veulent gagner :en image, en monnaie, en influence.Le message du ministre marocain est clair :
la CAN est devenue un investissement.
Le Maroc affirme avoir organisé la CAN la plus rentable de l’histoire.
C’est peut-être vrai.
Mais une CAN ne se mesure pas qu’en milliards ou en taux d’occupation des hôtels.
Elle se mesure aussi à la sécurité, à l’accueil, à l’équité… et au respect de ceux qui font vivre le football : les peuples et les supporters africains.

