Bamako dans le noir et la pénurie : quand la “souveraineté retrouvée” se heurte au quotidien
Pendant que les autorités de transition célébraient, ce mercredi 14 janvier, la “journée de la souveraineté retrouvée”, une autre réalité s’impose à Bamako : l’électricité et le carburant restent dramatiquement insuffisants.
Électricité : seulement quelques heures par jour
Dans la capitale malienne, de nombreux habitants expliquent ne recevoir que 5 à 7 heures de courant par jour, souvent la nuit.
Certains quartiers s’en sortent un peu mieux, mais l’essentiel de la ville vit au rythme des coupures, rendant la vie quotidienne et le travail presque impossibles.
Carburant : files interminables et stations à sec
La situation du carburant reste tout aussi critique :
beaucoup de stations-service sont toujours fermées faute de stock,
ailleurs, les Bamakois doivent attendre plusieurs heures pour faire le plein,
le diesel manque dans plusieurs points de distribution.
Un blocus jihadiste qui fragilise le pays
Depuis septembre, les importations de carburant sont perturbées par un embargo imposé par le JNIM, aggravant les pénuries dans tout le pays.
Les autorités affirment que le renforcement des escortes militaires autour des convois a permis une légère amélioration : plusieurs camions-citernes seraient arrivés à Bamako ces derniers jours. Mais la normalisation annoncée reste lointaine.
Colère retombée : place à la résignation
Après la colère et l’incompréhension, un sentiment domine désormais : la résignation.
Beaucoup disent “s’habituer”, stocker dès qu’ils le peuvent, et craindre que cette crise devienne permanente. Les habitants accusent non seulement l’insécurité, mais aussi la fraude, la rétention et le marché noir, malgré le renforcement des contrôles.
Le contraste politique
Cette crise survient au moment même où l’État insiste sur une souveraineté reconquise, avec des cours de patriotisme à l’école et des célébrations officielles.
Mais pour les Bamakois, la souveraineté ne se mesure pas en slogans : elle se vit dans la lumière, dans les transports, et dans la capacité de faire tourner un pays.
Bamako continue de survivre entre coupures, pénuries et attente. Et face à l’urgence, les discours politiques peinent à convaincre une population épuisée.

