FILE PHOTO: El Palito refinery of the Venezuelan state oil company PDVSA is pictured, in Puerto Cabello, Venezuela February 10, 2024. REUTERS/Leonardo Fernandez Viloria/File Photo

Donald Trump promet des dizaines de milliards de dollars d’investissements au Venezuela.
Mais sur le terrain, les grandes compagnies pétrolières américaines hésitent. Voici pourquoi.
Un pétrole lourd, coûteux et peu rentable
Le pétrole vénézuélien est très visqueux.
Il doit être mélangé à des diluants pour être transporté, ce qui fait exploser les coûts.
Coût de production : 35–40 $/baril
Prix de vente : 15 à 20 $ sous le Brent
Résultat : marges faibles, parfois à la limite de la rentabilité.
Le souvenir douloureux des expropriations
Des groupes comme ExxonMobil et ConocoPhillips ont déjà perdu gros au Venezuela.
Même avec un changement politique, une question demeure :
qui garantit que l’histoire ne se répétera pas ?
Dans le pétrole, la mémoire est longue
Un cadre juridique toujours incertain
contrats défavorables aux investisseurs
garanties faibles contre l’expropriation
rôle dominant de l’État via PDVSA
Sans réforme profonde du code pétrolier, les majors resteront prudentes.
PDVSA, un partenaire affaibli
Années de sanctions, sous-investissement et fuite des compétences ont laissé PDVSA :
techniquement fragilisée,
dépendante des capitaux étrangers,
peu rassurante pour des projets à long terme.
Les majors préfèrent investir ailleurs
Aujourd’hui, les compagnies américaines privilégient :
le Permian Basin aux États-Unis,
le Guyana, voisin du Venezuela mais beaucoup plus rentable.
Pétrole plus léger,
contrats stables,
profits plus rapides.
Le calcul est vite fait.
Chevron, une exception… prudente
Chevron reste présente grâce à des dérogations,
mais sans investissement massif.
Même elle attend :
stabilité politique,
garanties juridiques,
conditions contractuelles plus favorables.
Le Venezuela dispose d’un immense potentiel pétrolier.
Mais le capital ne suit pas les discours.
Sans : sécurité juridique, réformes claires, stabilité durable,
les milliards annoncés resteront… sur le papier.

