February 7, 2026
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Maduro : la fin d’une illusion souverainiste face au réel géopolitique

La géopolitique n’est ni sentimentale ni idéologique. Elle obéit à une règle simple et brutale : les États agissent selon leurs intérêts, leur sécurité et leur crédibilité. Le cas de Nicolás Maduro illustre parfaitement ce principe fondamental.

Lorsqu’un dirigeant perd toute légitimité interne, détruit son économie, provoque une crise humanitaire régionale et se transforme en facteur d’instabilité internationale, il cesse d’être un problème domestique. Il devient un risque systémique.

À ce stade, la souveraineté n’est plus un droit : c’est une fiction diplomatique.

Le Venezuela n’est pas tombé par accident. Il a été méthodiquement vidé de sa substance économique, institutionnelle et sociale par un pouvoir qui a préféré la survie du régime à la survie du pays. Hyperinflation, effondrement des infrastructures, pénuries chroniques, exode massif : aucun de ces phénomènes n’est le fruit d’un complot extérieur, mais le résultat direct de choix politiques internes catastrophiques.

Dans une lecture réaliste, cela change tout.

Car lorsqu’un État génère : des flux migratoires incontrôlés, des trafics transnationaux, des alliances opportunistes avec des acteurs hostiles, et une instabilité régionale durable,

il entre mécaniquement dans le radar des grandes puissances.
Ce n’est pas une question de morale, mais d’équilibre stratégique.

Maduro a commis l’erreur classique des dirigeants faibles :
confondre la rhétorique anti-impérialiste avec une capacité réelle de dissuasion.

Insulter, provoquer et menacer en permanence les États-Unis ne constitue pas une stratégie. C’est une fuite en avant verbale destinée à masquer une faiblesse structurelle profonde. Dans le monde réel, la parole n’est crédible que lorsqu’elle est soutenue par des capacités économiques, militaires et institutionnelles solides.

Le Venezuela de Maduro n’avait plus rien de tout cela.

Dès lors, l’issue était prévisible.
Quand toutes les lignes rouges sont franchies, les grandes puissances n’attendent ni l’ONU, ni les communiqués, ni les indignations sélectives. Elles agissent. Discrètement, efficacement, sans justification publique excessive.

La doctrine est connue, même si elle n’est jamais dite frontalement :
 la stabilité internationale prime toujours sur la survie d’un régime illégitime.

C’est ici que le mythe du « souverainisme » s’effondre totalement.
Un État réellement souverain contrôle : son territoire, sa monnaie, son économie, ses institutions, et le consentement de sa population.

Maduro ne contrôlait plus rien, sinon ses appareils de répression.

La paranoïa sécuritaire – changement permanent de téléphones, de lieux, de gardes – est le marqueur universel des pouvoirs condamnés. Tous les régimes illégitimes finissent de la même manière : isolés, méfiants, infiltrés, puis neutralisés.

Dans une lecture géopolitique réaliste, l’intervention n’est donc ni exceptionnelle ni choquante. Elle est fonctionnelle. Elle vise à :      

1- restaurer une prévisibilité régionale,                  

2-envoyer un signal dissuasif clair,                          

 3- rappeler une règle non écrite mais universelle :

on ne peut pas durablement gouverner contre son peuple tout en défiant l’ordre international.

Quant aux discours romantiques sur la révolution et la souveraineté, ils relèvent désormais du folklore militant. La réalité est plus simple :
les peuples veulent manger, se soigner, circuler, travailler et voter librement. Le reste est littérature.

Ceux qui prônent une souveraineté coupée du monde, des marchés, des règles et des rapports de force n’offrent pas une alternative politique, mais une impasse civilisationnelle. L’île de Robinson Crusoé est peut-être une option pour les idéologues ; elle ne l’est pas pour des nations entières.

Le cas Maduro marque donc un tournant clair :
 le temps de l’impunité souverainiste est révolu.
 le monde n’est pas gouverné par des slogans, mais par la puissance, les intérêts et la stabilité.

Et dans ce monde-là, seuls survivent les États légitimes, responsables et crédibles.

 Babapodcast.com

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