Football sénégalais : quand l’ÉLITE est écartée au moment où elle est la plus nécessaire
Il faut le dire clairement et sans détour : le football sénégalais est aujourd’hui plus solide sur le terrain que dans ses cercles de décision.
La responsabilité commence au sommet, par le ministère des Sports, qui ne semble pas être au diapason des exigences réelles du football de très haut niveau, surtout à l’approche d’une Coupe d’Afrique où chaque détail compte.
Dans une compétition continentale, tout doit être costaud :
préparation, environnement psychologique, encadrement technique, gestion humaine et lecture stratégique. Or, pendant que les Lions jouent leur crédibilité, des choix surprenants continuent d’être faits.
Le coach a besoin d’oxygène, pas de distraction
Le sélectionneur Pape Thiaw a besoin d’oxygène.
Dans les vestiaires.
Sur le banc.
Avant, pendant et après les matchs.
À ce niveau, le folklore n’aide pas à gagner.
Envoyer des artistes ou des comédiens, aussi respectables soient-ils, n’apporte ni lecture tactique, ni sérénité, ni plus-value technique à une équipe engagée dans un Championnat d’Afrique où la pression est maximale.
Une diaspora massive… et déjà prête
L’argument de l’animation tombe d’autant plus vite qu’il est inutile.
Selon un rapport officiel de 2023 du Royaume chérifien, la communauté sénégalaise au Maroc dépasse 20 000 ressortissants, répartis principalement entre Casablanca, Rabat et Tan
Or, Tanger est précisément le camp de base des Lions.
Les tribunes seront naturellement aux couleurs nationales.
Le soutien populaire est acquis, spontané, structuré.
La vraie urgence n’était donc pas l’ambiance.
La vraie urgence était le renforcement du cerveau technique autour du staff.
Là où il fallait des têtes pensantes du football sénégalais
À ce stade de compétition, l’expérience est une arme.
Le staff avait besoin de mémoire du jeu, de regards froids, de techniciens enracinés dans l’ADN du football sénégalais.
(1)Serigne Saliou Dia, vainqueur de la CAN U17 formateur, bâtisseur, connaisseur du joueur sénégalais dans sa genèse. Un appui naturel pour gérer la pression et la jeunesse.
(2) Malick Daf, vainqueur de la CAN U20 :plusieurs Lions actuels portent encore son empreinte. Il incarne la continuité et la cohérence de la Tanière.
(3)Amara Traoré, l’homme de l’ÉLITE
Amara Traoré l’ex patron de la Division du Département d’Élite du football sénégalais.
Et ce mot ÉLITE n’est pas décoratif.
Il concentre toute la reconnaissance de ses capacités.
L’ÉLITE, c’est : la gestion du très haut niveau, la lecture des moments critiques, l’anticipation des bascules mentales, la compréhension fine des cycles de performance, la maîtrise de ce qui ne se voit pas, mais qui fait gagner.
Comment celui qui occupait cette place stratégique peut-il être laissé en rade au moment où le Sénégal affronte l’élite africaine ?
Ce n’est pas une question d’affinité.
Ce n’est pas une question d’image.
C’est une question de cohérence technique.
Amara Traoré est un homme du sérail, un technicien qui a accompagné pendant plus de quatre ans les succès continentaux, un profil qui sait parler aux entraîneurs, lire les joueurs et gérer la pression extrême.
On peut ne pas aimer les oreilles du lapin.
Mais il faut reconnaître que leur structure fait partie de sa beauté.
Rectifier maintenant, pour ne pas payer demain
Le football d’ÉLITE ne se gagne pas avec des symboles.
Il se gagne avec des compétences reconnues, du respect de la hiérarchie technique et de la continuité.
Il est encore temps de rectifier : pour cette CAN, et surtout pour mieux aborder le Mondial américano-canadien et mexicain de 2026.
Le Sénégal s’est hissé au sommet africain grâce à la rigueur, pas à l’improvisation.
Grâce à la structure, pas au décor.
L’ÉLITE n’est pas un slogan.
L’ÉLITE est une exigence.
Et ceux qui la dirigent doivent être là quand le niveau l’exige.
À tout bon entendeur, Salut
Baba Aidara , SAMBA LINGUÈRE & 12 ieme GAINDE
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