February 7, 2026

La sanction des marchés est tombée, brutale et sans appel.

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Ce lundi, les obligations internationales du Sénégal ont plongé, révélant une perte de confiance qui ne se cache plus derrière les chiffres. En cause : une adjudication régionale ratée, où l’État n’a réussi à lever qu’un peu plus du tiers des 90 milliards de FCFA recherchés, malgré des taux d’intérêt en forte hausse. Un signal clair : même à prix élevé, l’argent devient rare pour Dakar.

Sur le marché international, la réaction a été immédiate. Les eurobonds sénégalais ont touché des planchers historiques, confirmant que la crise de crédibilité dépasse désormais le cadre régional. Pour les investisseurs, le problème n’est plus conjoncturel : il est structurel.

La découverte d’une dette cachée de plus de 11 milliards de dollars a agi comme un séisme. Elle a fait exploser le ratio dette/PIB au-delà de 119%, gelé le programme avec le FMI et installé un doute durable sur la sincérité des comptes publics. Depuis, chaque tentative de financement ressemble davantage à un test de survie qu’à une stratégie maîtrisée.

Le gouvernement parie sur un budget 2026 ambitieux, promettant une réduction rapide du déficit grâce à de nouvelles recettes fiscales. Mais sur les marchés, ces projections sont perçues comme excessivement optimistes. Sans accord avec le FMI et sans plan crédible de restructuration, le recours accru au marché régional apparaît comme un simple pansement sur une plaie profonde.

Le message envoyé par les marchés est limpide : la confiance ne se décrète pas, elle se reconstruit. Et tant que la vérité budgétaire restera partielle, le coût de la dette continuera, lui, de grimper — au détriment des finances publiques et des citoyens.

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