Sanctions après la finale de la CAN : le regard sans détour de Joseph-Antoine Bell
Onze jours après une finale mouvementée de la Coupe d’Afrique des nations remportée par le Sénégal (1-0) face au Maroc, la commission disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a dévoilé ses décisions. Si le trophée reste bien entre les mains des Lions, le sélectionneur ainsi que plusieurs joueurs sénégalais écopent de suspensions. Des mesures ont également été prises contre le camp marocain.
Ancien gardien international camerounais et consultant, Joseph-Antoine Bell — présent ce soir-là pour commenter la rencontre — estime que le maintien du titre sénégalais n’a rien de surprenant. Selon lui, la seule manière d’en priver le Sénégal aurait été une déclaration de forfait immédiate. L’arbitre aurait pu faire exécuter le penalty contesté et constater l’absence des joueurs, mais il a choisi de temporiser. Le match ayant repris, le résultat sportif devait logiquement être validé.
Pour Bell, les sanctions relèvent avant tout du domaine disciplinaire et administratif, un scénario qu’il dit avoir anticipé. Les auditeurs attentifs ne devraient donc pas être étonnés par ces mesures.
Beaucoup soulignent toutefois que les Sénégalais ont interrompu le jeu durant près d’un quart d’heure sans que cela n’altère l’issue du tournoi. Deux joueurs et le sélectionneur ont été sanctionnés, une sévérité jugée insuffisante par certains Marocains. L’ancien portier comprend leur frustration : il reconnaît que l’application stricte du règlement a été quelque peu assouplie afin de préserver l’intégrité sportive de la compétition.
Cette indulgence pourrait, selon lui, encourager certaines équipes à influencer l’atmosphère d’un match pour obtenir un avantage. Il déplore également le rôle des réseaux sociaux, accusés d’avoir attisé la défiance envers les arbitres et d’avoir contribué à un climat délétère. Pourtant, rappelle-t-il, l’arbitrage est presque toujours contesté, souvent par des camps opposés qui cherchent un responsable extérieur.
Bell insiste : les arbitres, sans supporters ni camp attitré, deviennent des cibles faciles. Sanctionner les dirigeants et ceux qui diffusent des informations trompeuses lui paraît donc légitime pour protéger l’équité du jeu.
Concernant la suspension de cinq matchs infligée au sélectionneur sénégalais Pape Thiaw — sans extension aux compétitions mondiales Bell y voit une décision équilibrée. Certes, la faute est sérieuse, mais l’entraîneur a présenté ses excuses dès la fin de la rencontre, un geste qui plaide en sa faveur. La discipline, rappelle-t-il, doit aussi avoir une dimension éducative : il s’agit de corriger, non d’anéantir.
Reste la question d’un éventuel recours devant le Tribunal arbitral du sport. Sur ce point, Bell appelle à la retenue. Prolonger le conflit risquerait d’abîmer l’image du football africain et d’envoyer un mauvais message aux supporters. Pour lui, les responsables des deux camps gagneraient à tourner la page et à remettre le sport au centre du débat.

